vendredi 10 octobre 2014

Harvard.

Je veux voir le Yard. Je veux voir un terrain d entrainement. Je veux voir ... le savoir-former americain.
Au final des salles de cours, des etudiants. Une cafet. Des tables et des chaises.
Massif.
Harvard est comme un grand zoo aux cages dorees. Les touristes affluent au pied de la statue du fondateur ou a proximite de la memorial church, enserrant dans les longues travees boisees des etudiants au mieux indifferents.
L enseignement est certainement rude, les notions aussi rapidement vues que considerees comme comprises, ils sont tous entre jupes et shorts, entre footings et batiments, entre pas presses et cheap-talk. Ils sont tous aussi guides, pour les vistes organisees. Ils sont amenes, de par leur naissance, leurs capacites intellectuelles, la fortune de leurs parents a de grandes choses.
Ils restent des etudiants presque comme les autres.
Tout est pourtant la pour leur rappeler qu ils sont plus que ca.
Les discours sont bien appris. Les femmes, la base de la difference. En un mot comme en cent, mieux. Beaucoup mieux. Deux mots.
Fais chier. Ca fait deux mots aussi.

Quand je les regarde parler sans les entendre, sans analyser le mouvement de leurs levres, il me semble qu ils ne sont pas mon la-bas, mais mon ici. Ils ne sont pas de Cambridge, Portland, du Missouri ou du Dakota, mais du Perrier, de Chateauneuf, de la Garnache et Commequiers. Les vetements, les postures, les mimiques sont les memes. Ils sont des ados passant a l age adulte.
Je peux en outre moi aussi etre l ailleurs de quelqu un. Le mauvais ailleurs quand un photographe me prend dans le Harvard Yard en train d ecrire, le curieux pensant sans doute surprendre un brillant cerveau en pleine elaboration d une theorie qui pourrait faire son, notre futur plus grand.
S il savait, mon dieu, s il savait.

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