samedi 6 décembre 2014

San Francisco, les joies de l auberge.

C est une nuit comme une autre. Sauf que je ne dors pas. Nous sommes quatre dans mon dortoir. Quatre, c est beaucoup moins que dans certains endroits que j ai frequente. Mais quatre, parfois, c est suffisant pour avoir une envie de triple meurtre.
On commence par celui qui ronfle des 11 heures. Tu sais que tu vas l adorer. Il ne s arrete jamais, semble capable de faire monter le volume indefiniment, et prend sans doute un malin plaisir a effectuer l exercice a un rythme syncope qui t empeche de ne serait-ce que t habituer au son, le prendre comme un ami, une habitude.
Vient ensuite celui qui, dans l escalier deja, semblait sur la pente savoneuse de l alcoolemie deja bien engagee. Il monte juste devant toi, t empechant de le depasser, et zigzague d une rembarde a l autre. Tout va bien. Tu apprecies particulierement le moment ou tu realises que, oui, il est dans ta chambre, que, oui, il dort sous ton lit. Que oui, il rigole comme un imbecile a cause du mec qui ronfle.
Vient enfin le troisieme. Le pire. Il ne paie pas de mine, il a l air sympa. Il a son pc entre les jambes, il travaille sans doute, il ne te perturbera pas. Il repond d ailleurs poliment et avec le sourire que ca ne le derange pas que tu eteignes la lumiere quand tu lui en fais la demande.
Oui. Sauf que son pc, il ne va pas l eteindre de toute la nuit. Il va tapoter sur les touches de son clavier TOUTE LA NUIT, repandre la lumiere blafarde de son ecran contre les murs que l on prefererait sombre de la chambre TOUTE LA NUIT. Oui, avec son air poli et gentillet, il va te faire chier toute la nuit.
Alors oui je pue des pieds, oui, parfois, il m arrive, a la derobee, de lacher un petit pet malicieux, oui le matin j ai une haleine de putois quand je dis good mornin, mais j ai jamais commis un meurtre.
Jusqu a cette nuit. HAHAHAHAHA.

lundi 3 novembre 2014

La route, chere.

410 dollars depenses en 6 heures. C est, et j espere que ca le restera, mon record. Location de voiture plus motel. Je suis tout pres du point le plus Sud des US. Je suis sur une presqu'ile bordee par l Atlantique. South Padre Island, sous l orage. Dommage, je suis sur que ca peut avoir du charme. Meme si le beton est partout. Le moral est moyen. Je ne sais pas encore comment je vais dormir. Mais la pluie, le vent, la mer... Je ne sais pas, comme l impression d etre chez moi. Je pense que je vais attendre tranquillement que ca passe. Avec vous.


Je viens de sortir du Dollar general, une moyenne surface commerciale, ou j esperais trouver une tente. Ce soir je risque de camper. Ou dormir dans la voiture si je ne trouve pas mieux.
Mais ce qui m interesse, la, maintenant, c est le Rio Grande. Je lui fais face. Je le devine. Derriere la barriere. Celle erigee pour compliquer la tache des volontaires a l immigration illegale. Une digue peu etanche.   

Austin, le campus.

L universite du Texas, a Austin, est une universite americaine. Pas juste grande. Elle est enorme, Texane. Le plus gros batiment, comme souvent, est le stade. Il est au centre. Il regit, geographiquement comme, certainement, economiquement. Les batiments, la taille de l ensemble m impressionnent  moins que lors de mes premieres visites de campus a Boston. La force de l habitude, sans doute. Le drapeau texan flotte, vestige de ce qui fut, pour une dizaine d annee, une republique autonome. Le capitole dans l alignement. L universite du Texas, coeur d Austin, comme Ohio State est celui de Columbus.
Je m installe sur une tribune riche de 5 rangees, donnant sur ... rien.
Je pars demain, vers le desert. Je ne sais deja plus trop ou je suis.

Austin, la transition.

Austin est une ville de petite dimension pour les standards americains. Elle est pleine de fourmillement, d expositions, de festivals (du livre et du film), pleihne de soleil, d une riviere, celle denommee Colorado, pleine de gens "cool", qui le savent, et qui le montrent.
Je m y sens un peu coince. Je m explique. Je dois etre a San Antonio pour le 5. Match de basket. Nous sommes le 27. Et je ne sais pas ou aller. Austin pendant 10 jours... Non. Pas possible. Idem pour San Antonio. Trop cher. Louer une voiture ? Peut-etre.
C est ma premiere vraie interrogation quant au trajet. Ca va se regler. Il faut aussi dire que les sauts de puce m ont un peu amoche.

Nouvelle-Orleans, le depart.

Bittersweet. C est la meilleure maniere de le dire, je trouverai pas mieux en francais. Je vais laisser la NO sans l avoir encore une fois rencontree. J ai rencontre Rocco, Rodolfo, James, Julein, mais pas la NO. Je dois me remettre en question. Comprendre pourquoi je merde, ou je merde.
Regler les problemes, ca fait parti du voyage. Changer, ca fait parti du voyage. Progresser, se situer, ca fait parti du voyage.
Attendre aussi. Sur le bord d un trottoir, dans une queue ou tu te sens... ailleurs. Tu n es pas en France. Tu cherches. Toujours. Tu commences a te faire confiance. Au monde aussi.

Nouvelles-Orleans, Rocco.

Il y a toujours de l eau. Celle du Mississippi m accompagne en ce debut de soiree. Le ciel est beau, les nuages commje des coups de pinceau sur la voute. Les soupapes du Natchez, le bateau a vapeur attrappe-touriste, servent d orgue de barbarie geante. Ca vaut le coup, vraiment.
Rocco qui joue aussi. Rocco c est un pote italien de l auberge. Venu ici pour la musique. Encore un. Bref il groove. C est pas mal. C est surtout drole quand mon pote italien s enerve apres son collegue de la Nouvelle Orleans qui n est pas dans le ton. Drole. Et je retrouve ma place privilegiee d observateur, celle ou je suis, de loin, le meilleur. 

Nouvelle-Orleans, Audubon park.

Je devrais parler de Bourbon Street, du french quarter, du gumbo. Je devrais parler des street cars, des arbres a guirlandes (oui je les nomme comme je veux) et des bluesmen. Ou jazzmen. Mais je prefere parler d Audubon park. Je suis entre un zoo et un parcours de golf. Je suis un peu a l ouest de Downtown. Je ne suis pas ou je suis suppose etre.
L argent me semble de moins en moins etre un probleme. Je m en fiche presque. Oui. Ma preoccupation actuelle est de trouver comment realiser pleinement mon projet. J ai de la matiere. Un peu. Les idees germent. Je ne dois maintenant plus qu ecrire. Juste ecrire. Simplement ecrire.