mercredi 29 octobre 2014

Nouvelle-Orleans, Garden district.

Garden District est vert d abord. Beaucoup d ombre. J aimerais vous donner le nom des arbres. Comme j aimerais posseder le vocabulaire pour vous decrire les maisons. Colossales. Coloniales. Avec des colonnes quoi. Mais calme par rapport au French quarter. Je suis dans un cimetiere, du nom de Lafayette. Ca doit etre pour ca. Amusant comme j aime la compagnie des morts. Sont moins chiants. Peuvent pas m envoyer chier quand je rale. Enfin le decors est faulknerien. Si ca veut dire quelque chose.

Nouvelle-Orleans, la seduction.

NO est une femme aux charmes mutiples. Et elle le sait. Elle en use toujours plus. " Ecoute ma musique, goutte a mon alcool, contemple mes couleurs et mes colombages, regale-toi de mon gumbo". NO a la jovialite directe de celles qui doivent tout offrir, tout de suite. Elle entraine dans son sillage des centaines de musiciens tous freres, mais tous persuades d etre le meilleur. Le blues devient un pretexte, une echelle de plus vers la gloire que, merde, chacun merite.
Mais NO les perd tous. Amoureux transits, ils sont tous econduits. Je n aurai pas le temps de la conquerir. Je vais lui offrir un verre, swinger avec elle, lui sourire. Puis faire comme beaucoup d entre ceux qui sont venus. Repartir. Seul.

Vers la Nouvelle-Orleans, le bus.

Le bus. Une passagere m adit que NO est tres dangereux, et que le quartier ou le bus s arrete est tres dangereux. On arrive de nuit. Je flippe un peu.. Mais l arrive sur NO par une route posee sur le bayou est incroyable.

Memphis, la segregation.

J ai franchi le Mississippi, d Arkansas au Tennessee. Je suis arrive a Memphis. Blues, rock et pauvrete. Tres peu de mixite. Noirs avec noirs, blancs avec blancs. Je profite des couprs que je bois avec des americains toujours sympas au depart. Je profite d une glace. Je profite d un match de basket, de Beale Street, du musee du rock et de la soul. Je suis parti il y a un mois, je trouve mon rythme.
Memphis et ses (toujours) longues marches. Memphis et son auberge d insupportables intellos snobinards. Memphis et ses quartiers defonces, ou tu te fais insulter quand tu passes un peu trop tard et que tu es blanc. Je vais pas les blamer, de ce que j ai vu, la marche est haute, tres haute. Mon regard est surement biaise. Mais je ne sais pas, je suis parfois mal a l aise de voir (trop) souvent le noir servir le blanc. C est surement moi. Surement. Enfin Memphis a ete quelque chose. Vraiment. Mon premier match NBA. Ma premiere prise de conscience de la "grandeur" de mon voyage. Oui, envie de me la peter un peu. Ca va le faire.

Vers Memphis, le bus.

Le bus. Encore. En route vers Memphis. Et toujours la meme angoisse de ne pas trouver ma route vers l auberge de jeunesse. Angoisse... Disons que j arrive, encore, dans un nouveau territoire. Et ce sera le cas au moins une fois par semaine jusqua... Noel. Ou plus. Et puis apres tout... Je vis au moins. Je ne suis pas seul a Soullans, ou a Lyon, a attendre qu une autre journee commence. Tout va bien.
Premier champ de coton. Bizarre comme cela m impressionne plus que les grattes-ciel et musees.
Une mer de nuages.Une toute petite ouverture entre ciel et terre. Le soleil, dans sa phase descendante, qui s y glisse, comme un oeil suivant le trajet du bus.Puis qui s en va, laissant derriere lui ses rousseurs nuageuses. Le privilege Monseigneur, le privilege.

Saint-Louis, la Suisse.

Deux voitures dans la court delabree de l auberge. Deux petits voitures a la carrosserie barre du nom d un sponsor dont le site internet finit par .ch. Trois Suisses donc, Jessiace, Chris et Manuel, partis depuis mars faire le tour du monde. Ils sont alles vers l est. Ils me parlent de l Ouzbekistan, du Kirgizistan, du Tadjikistan, de la Mongolie, de la siberie, du Japon. Ils sont heureux, souriants, je tente de "charmer" Jessica avant que Chris ne me fasse comprendre au ils sont ensemble. On est dans un bar, le 1860, je bouffe un wrap aux fruits de mer en buvant une Schlafly, la locale. Un guitariste en solo, accompagne de plages musciales, joue des morceaux demodes avec plein de touche, de feeling. On n est meme pas une dizaine pour l applaudir, les Rams, l equipe de football joue le meme soir et s est attiree les faveurs d une foule plus nombreuse. Les supporters reviendront quand je partirais, laissant Jess, Manu et Chris dans une discussion avec un hipster americain sur le soccer.
Les trois Suisses ont bientot fini leur voyage, ils veulent profiter. Le mien est encore jeune de meme pas un mois, alors j epargne.
Je retourne le lendemain soir au 1860, un clone d Elvis chante, Karen, la serveuse, m entretient, me faisant toucher son ventre qui accueille un hote vieux de 12 semaines. Ca merite au moins 2.50 dollars de pourboire.
Puis je rentre, pour ma derniere nuit louisienne a l auberge. Je dois etre pret pour la suite.

Saint-Louis, moins peur.

Et puis tu laisses tomber tes peurs, tes hontes, et tu finis juste par commander une biere. Tu t assois a cote de deux hippies post-moderne. Qui sont sous l effet d une substance que tu ne connais pas, mais on s en fout. Y a les Cardinals en fond, on est a Saint-Louis, y a une basse, une guitare, de la Schlafly, et ma drole de plume, un Bic Velocity gel en l occurence.
Bref y a des moments qui restent eminemment sympathiques, sans raison particuliere. On verra comment ca se terminera cette histoire americaine. Ca va quandmeme de haut en bas. Bref. Mon voyage est solitaire. Je le savais. Ca me voncient. Pas toujours. Mais on fait tourner. C est ainsi.

Saint-Louis, a ma place.

Jaime deja Saint-Louis. Parce que je suis arrive, de nuit, dans une auberge bondee, et que du coup j ai dormi sur le canape de la cuisine. Parce que les Americains que j aurais pu aisni deranger ont ete adorables.Parce que Quinn, le manager, est cool.
Parce que Ferguson fait parti de Saint-Louis. Il y a deux mois, a Ferguson, un gamin a ete tue par un flic "off-duty". Par erreur. Le gamin etait noir. Aujourd hui ca manifeste pacifiquement. Et je vois la maree humaine monter Market Street, direction Klener Plaza. L eau de la fontaine de la place est rouge, le colorant verse pour le sang.
Peu de gens pour le moment sur le place, presque plus de cameras et de reporters (disons quatre). Des pancartes signifiant la peur de la police, l envie de ne pas voir cela se preproduire...
And justice for all Mike Browns. L impression, assez malsaine, de faire partie d un petit bout d histoire.
La vague est legere, mais determinee. Encadree par la police. Ironie. Le bruit de l helicoptere surplombant la foule nous parvient doucement. Puis un porte-voix.
What do you want : Justice.
When do you want it : Now.
La vague deferle, multicolore, par slogans successifs. Justice revient souvent. Comme souvent j observe. Il vaut mieux. Quand on m interpelle je ne pige rien. J hesite a prendre un sandwich gratuit. Je suis quand meme un rat.
Je ne l ai pas pris. J ai glisse jusqu au Mississippi. Sous l arche, bien trop haute pour moi qui suis sujet au vertige. Je contemple le Queen of the Mississippi, bateau aux cinq ponts propulse par une roue a aube.

mardi 28 octobre 2014

Chicago, la vue.

Chicago Skyway, le lac a droite, la ville en face. Les Sears Tower qui decoupent le ciel.
La veille au soir, la lune, miroitant sur le lac. Les lumieres strillant le ciel ; les avions qui decollent et se posent. Le lac Michigan est le theatre d une magie nocturne que peu de privilegies s offrent le droit d admirer. Je goutte au plaisir sans retenue aucune.
Le olendemain, le lac est toujours la, agite par le souffle du Midwest. Je parcours le Navy Pier, jetee attrappe-touriste lancee entre cite et eau. Je prends une photo pour un groupe de 4 amis. Les demoiselles sont charmantes, et francaises. Nous echangeons quelques mots, mais je reste fidele a moi-meme. Ours. Elles s en vont. Je reste seul, meditant sur mon incapacite a saisir l instant. Trop defensif. Pas assez d ambition. Je merite qu on s interesse a moi, je n ai pas a me fondre dans le decor. Je ne risque rien a saisir le possible. Rien.
Je suis sur un banc, dans un parc dedie a la lutte contre le cancer, comme a Columbus. J y suis bien. Je ne suis donc peut-etre pas un cancer. Allons manger.

Columbus, le repos.

C etait bien Columbus. C etait chaleureux, c etait confortable, presque meme un peu trop pour une grosse feignasse comme moi. Mais j avais besoin de discussion, de repos. Besoin de respirer. Donc  c etait bien.
Maintenant, la, c est evidemment un bus, en plein Indiana. Des cha;ps de bles a faire passer la Beauce pour un mignon jardinet, et des eoliennes a perte de vue. Direction Chicago. Deux jours. Et apres...
Et apres je continuerai. Je vais y arriver. Je le finirai. Debut 2015, j aurais appose le mot fin a l ensemble.

lundi 27 octobre 2014

Columbus, l attente.

Nuit de bus rapide. Plutot bien dormi. Mais arrive bien trop tot. 7 heures. Je check-in a 15 heures. 8 heures a attendre. Et le moins que l on puisse dire, c est que... bah.... deja il fait froid. Au juge un petit 10 degres. Et sinon... bah... y a rien. Parfait apres New York.
Je suis en plein Midwest. C est ce que je voulais. J ai trouve de la chaleur au terminal des bus. On va voir combien de temps je vais pouvoir rester. Mais a noter, pour l avenir : ne pas, surtout pas arriver 8 heures avant le check-in !!! Encore 7 h 30 a attendre. Hehe.

New York City, bus chinois.

Mon meilleur souvenir de New York : la montee dans le bus d une compagnie sino-americaine. Un vrai bordel. Et le vendeurde DVD clandestin qui monte juste avant le depart, l incertitude des passagers quant a la destination, enfin un vrai petit bonheur. En tout cas, je souris.
On s engouffre dans le Holland Tunnel. L impression d avoir rate le rendez-vous, de ne pas avoir rencontre la pomme.

New York City, Central Park.

C etait a prevoir. Mon endroit prefere c est Central Park. C est lent. Souvent vide. Trop de photos inutiles, pas assez de temps pris. Je commence a me comprendre. A m apprendre. Je me fiche des souvenirs. Des magasins. Du prestige. Je ne veux que vivre. J y arrive parfois. La c est agreable. Un jardin. Une fille qui me regarde. Que je zieute parfois. Et puis j arrive parfois a oublier ma vacuite. Juste la.
Elle se leve et jette une piece dans la fontaine. Pour la chance je suppose. Et puis c est fini. On passe a un autre moment. Un autre temps. Un autre lieu.

New York City, Soho et le Village.

Soho. Sud du Village. Un univers d immeubles de taille moyenne, d happy few, de hipsters. Non, pas de stereotype, c est vraiment comme ca. C est encore un peu... comme on m avait dit. Je me suis un peu laisse baiser, faut le dire. J avaispas envie de venir. Mais bon maintenant que je suis la... La, cest Pettrosino Square, sur Cleveland Place. Je suis en limite, plus dans Little Italy, pas encore dans Soho. Alors j y vais.
Soho type : 6 etages. De la brique, rouge, blanche ou jaune. Un peu de feuillus. Soho du luxe.
Et Washington Square. Le Village. De vieux messieurs attendent un eventuel adversaire aux echecs. Des gens sous l effet de substances qui me sont inconnues. Et bien sur, la grande mode du batteur sur pot de peinture. Bon, celui-la est cheap ; comme baguettes, bah... des bouts de bois, je dirais des pieds de lit. Bon sinon, comme d hab, de la tole, une casserole, enfin tout ce qu il faut. Allez, on repart.

New York City, arrivee.

Finalement non. Je suis arrive. Je suis cuit. Baisse de tension. Du mal a bouger, a penser. Du mal a realiser. Je suis dans le brouillard.
Forcement le jour ou je choisis de laisser les fringues de pluie a la maison, il se passe quoi ? Hein ? Je vous le demande ? Bah oue, il flotte. Pas franchement hein, pas des trombes au point de se dire "je reste la au chaud". Non, juste ce qu il faut pour aller dehors en se disant "putain d imper que je me traine depuis 15 jours...". Et oui. J attends Tony, voyageur rencontre a Boston, etudiant jadis a NYC et qui connait la ville, a l abris.
On part avec des potes a lui, tous coursiers, fument leur herbe. Anthony, moitie porto-ricain, moitie Natif, explique qu il a un pignon fixe parce qu il fait "parti du velo".

C est assez etrange. C est dans cette ville aux milliers de visages, au poul en hypercardie, au taux de cholesterol qui explose que je me sens le plus tranquille. Amusant de voir que je suis heureux dans cette petite bulle de paix que j ai, un peu, reussi a construire dans ce magma betonne. En face de moi, un concert d un Remi Bricca des temps modernes, boite a rythme, vocoder et loop assembles sur un plateau harnache par la ceinture, et je ne me sens pas... blase comme je le suis souvent. Une tranquille bienveillance menvahit. C est surproduit et minimaliste en meme temps, ca change, c est rigolo. J ai de l endorphine plein le cervelet. J aime bien. Faut plus que ca bouge. Faut plus que ca s arrete de bouger comme ca plutot.
Ca y est. Je sens que je descends doucement. Le confort disparait petit a petit. Ca sent le besoin de soupe chinoise.

Buffalo, la frontiere.

Le passage de la frontiere est un moment toujours etrange. Nous sommes a Buffalo, au bord du lac Ontario (NDLA : en fait pas du tout). Enfin je crois que c est le nom du lac (NDLA : non toujours pas). Je ne suis meme pas sur de l Etat dans lequel nous sommes (NDLA : Etat de New York coco). En transit, encore une fois. Le chauffeur me conseille de ne pas ecrire en ayant l air curieux. "C est une frontiere internationale, s ils te voient faire ca, tu vas pas apprecier..." Alors j arrete.
Le bus, lui, est reparti et a continue. Il fait nuit depuis une bonne heure. Je n ai aucune notion du temps. Serai-je en retard ? Sans doute. Trouverai-je mon "Hostel"? Je le crois. On verra.

Toronto, l eau.

De l eau. C est toujours bon. Meme si c est de l eau douce, en l occurence celle du lac Ontario. Une traverse croute, mais ca suffit a faire du bien a la tete. Je suis toujours en solitaire, bientot deux semaines apres mon depart. Il faut avouer que je ne suis pas tres engageant. Barbe touffue, haleine de chevre, pas de deo. Oui. I do not embrace America, and neither does she. Je parle vaguement un melange de petit negre et d anglais.
Je ne peux pas me plaindre du temps. Radieux. Les immeubles en fond meregardent. Foret de beton.
Un parc vide. Une ile qui sert de yacht club, de centre ludique, de ferme, et pourtant pasplus grosse qu un caillou. Des velos en location. Des appareils photos partout. De la lecture. De la marche. Un bateau qui revient.

Toronto, bar de l auberge.

J ai de plus en plus peur de l echec. Le lourd. Le cuisant. Celui dont on n arrive plus a parler. Celui qui vous force a vous cacher, a ne plus sortir de vous-meme, a enfouir pour de bon tout ce dont vous reviez. Oui. Je le crains.

Montreal-Toronto, le bus.

J aime le bus. Il me casse le dos, certes. Mais j aime ces visages defaits, fatigues, cette froide retenue aux arrets, ou l on sait qu on partage qque chose de suffisant pour se sourire, mais de trop temporaire pour aller plus avant. Les gens sont differents selon ce qu ils savent de nous. Cette jolie demoiselle a, par exemple, coupe court a une conversation prometteuse apres avoir appris que j etais francais. French. Ca veut dire beaucoup dechoses au Canada. Et pas que des bonnes a priori. Je ne suis plus seul. On verra ce que ca donne. Le bus est stucked. Toronto here we go.

Montreal, le bar.

C est assez langoureux. C st en reve. Les sensations s evaporent aussitot ressenties. La niavigation est effectuee au juge, les instruments etant hors-service. Les ecueuils sont froles. Tout juste ecartes.
Les bars. C est pour moi comme avecles gens : je ne sais pas comment les aborder. Y a toujours ce moment de gene, cette ambiguite a l entree. J ai bien fait ? Je derange pas ? Je ne suis pasa dans le passage ?
Et puis tu bois. Tu oublies. Jusau a ta propre inutilite. Jusqu a ta timidite. Jusqu a ta supposee laideur. Tu laisses glisser. Et encore. Tu bois. Et encore. Tu transformes l ivresse en abandon. Tu laisses trainer ton coude sur le cul de la serveuse. Tu laisses trainer le crayon sur le cul du papier. Tu assimiles. Ce que tu peux. Tu glisses. Tu glisses. Tu glisses. Tu glisses. Tu ris. Tu souris. Mais tu ris. C est desuet et ridicule. C est caricatural. Paris. Je t emmerde. Tellement.
Sentir le souffle des mots. Les sentir se glisser tranquillement sur ma nuque. M effleurer sans me penetrer. Comme un massage thailandais sans finition. Comme une coup de crosse sans exultation. C est pas un plan fixe. C est pas un traveling. C est un putain de bordel. De chaos. Ca bouge, ca remue. Ca eclabousse. Ca putain de remue. Ca brasse. C est ca.Ca brasse.
Bordel que ca brasse. Ca n arrete pas de remuer, d envoyer contre le bastinguage. Ca fait remuer les bouees de sauvetage. Ca tapote le canote.
Et ca regarde la serveuse. Putain qu elle est belle. Putain qu elle est inaccessible. Putain qu elle est loin. Putain que je suis con. Mais c est pas grave. C est jamais grave. Le tutetant de... Le tout etant d etre fidele a ce que tu es. Ce que tu "stand for". Tu te bats. Tu essayes. Tu es saoul. Et c est bon. Ca ressemble a rien. Ca ressemble a moi. C est absolument sans aucun sens. Ca va ni a droite, ni a gauche. C est in your face. In your brain.

Putain que je m en veux. C est pas eux. Y a que moi. Rien que moi. C est a chier. De la marde. Faut qu il y ait eux. Un minimum d eux. Mais je suis toujours loin. Je suis dans mon monde. Un autiste. Un putain de bordel de merde d autiste. Rocking-chair time.
Pas quitter trop tard. Pas partir trop tot. Ni laisser le moment s evanouir, ni le laisser devenir quelconque. Fuel it. Fuel it. Ou pas. Ou tu laisses couler. Et tu n influes pas. Et tu glisses. Tu glisses. Tu glisses. Tu glisses. Tu glisses. Tu glisses. Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.Tu glisses.

What goes around comes around. O bordel. Tant de papier et dencre depenses. Je suis pas le premier. A lacher. Tant de conneries pour une. Tant de boulettes pour une serveuse. Demain tout sera oublie. C est ca qui est bon. Je suis oubliable. Un boulet. rien d autre. Boum. Boum. Ca resonne. Ca sonne. C est moi. Sans espoir aucun. Sans arrosage automatique. Sans possibilite. Juste moi. Juste moi.
Always lost. Toujours. C est assez bon. Je perds toujours. C est assez marrant. Y a pas d equivoque. Je reunis toujours tous les suffrages. Un espece de N. Sarkozy de la lose.

samedi 25 octobre 2014

Anthropologue de comptoir.

Toujours les meme frontieres.Touristes, puis affairistes, puis etudiants, puis pauvres, puis residences. Puis parcs. Parfois. Mont-Royal, au milieu de Montreal. J ai pris les raccourcis, les escarpements. Je suis au belvedere. En sudation. Dans mon dos, les marques de transpiration doivent suivreles lanieres de mon sac. Assis sur les marches, j expose le tableau aux touristes attaquant leurs glaces. Une sorte de gout et odeur. La vue est incroyable, la ville enserree dans les bras du Saint-Laurent.
La valse d Amelie en fond, sur le piano laisse en libre service.
La France un peu trop partout. J aimerais etre le seul. Impossible puisqu heberge par des compatriotes. Mais tout de meme. J ai l impression de ne rien avoir a amener. Ca m attriste. J aimerais etre la pour quelque chose. Pas juste gratuitement. Pas simplement pour le fun.
J avoue avoir hate du Midwest. De la froide animosite des autochtones a l egard de l Etranger. J avoue souhaiter me mettre ne serait-ce qu un tout petit peu en danger. J avoue souhaiter me confronter. J avoue.

Arrivee sur Montreal.

Montreal. Du froid et de la pluie. Mais je m en fous. Je suis bien. Le bus a ete comme un reve. Un reve ou j ai mal au bide et la colonne vertebrale en vrac. Mais je suis bien la. J aime l esprit. J aime le fait d appartenir, d etre enfin quelque part. Ce n est que du tres temporaire. Mais c est bien.
Je suis tout de meme cuit. Je vais sans doute tenter de lutter contre le sommeil, rassembler le peu d energie pour passer la journee eveille.

Poste frontiere canadien.

Controle frontiere. Gueule dans le sac. Envie de pas etre entre deux. Des zombies ensemble. Drole de promiscuite. Un gars de l auberge qui fait semblant de pas me connaitre. Ca me va. L haleine de decharge publique. La transpiration qui colle le poil. Trois jolies filles. Pas plus. Un couple de glands. Faut pas qu ils sement. Ca en ferait plus. L envie de dormir, mais en fait non, dans ce putain de bus ca fait trop mal au dos.

Le tableau des disparus. Des gens qu on cherche. Je n y suis pas. Je ne me suis pourtant pas trouve. Je n y suis pas.

White River Junction, entre Boston et Toronto.

White River Junction, 2.30 AM, 10 minutes d arret. Lost in translation. Perdu dans la nuit aussi. Une jolie canadienne a cote de moi. Un reve. Sans doute. Tout se dissipera une fois le soleil de retour. Tout recommencera. Une fois de plus.
White River Junction, 2.30 AM, 10 minutes d arret.

Boston, bibliotheque.

Les bibliotheques sont des refuges. Les livres ne jugent, n essayent rien. Ils attendent juste d etre lus. Aucun enjeu. Pas de calendrier. Le temps est suspendu a mon crayon, a mes yeux, aux pages. Je laisse le rythme s installer. Les mots se glisser dans mon esprit. Les tableaux s enchevetrent, les images se font plus precises. La solitude n existe pas. Le mot-meme me semble appartenir a une langue etrangere. La paix s installe au rythme des bruissements de la fontaine. Je regarde le corps des femmes, sans vice ni arrirere-pensee. Par plaisir, simplement. Tout fait sens. L attente est la, elle fait parti integrante de la chose. Elle s apprend. Elle s apprivoise. Elle se deguste. On ne la choisit pas.
Elle est la, elle contamine. Elle est... toujours.

Boston, auberge de vieillesse.

Des crottes de nez partout. Une nuit de merde. Des envies de loin. Une jolie colombienne que je fais marrer. Crottes de nez sans doute. De la fatigue. Pas mal de fatigue. Des envies d ailleurs. Je l ai deja dit. C est a cause de la fatigue.
Le crayon aussi fatigue. Putain de journee. Mais y a toujours quelqu un aussi. Toujours. Il suffit de ne plus se fermer. De laisser les choses se faire. Tranquillement. Il suffit de lacher prise apres avoir essaye de rester connecte. La vie est longue, les journees aussi.
Attendre. Apprendre. Comprendre. Sans apprehender. Sans se surprendre ni se suspendre. Laisser-faire. Se laisser porter. Vaincre. En acceptant la defaite. Je perds et je dois reussir. Je ne suis pas le seul.

La journee passe toujours plus vite quand on n est pas seul. Mais je suis fatigue. Je ne sais pas si c est le jetlag. Ou juste la fatigue mentale. Je ne sais plus si j ai hate, si j arrive a avoir hate.
J en demande sans doute beaucoup trop. Ou je n exige pas assez. Le temps est lourd. J ai envie de partir, que ce soit termine. C est toujours aussi long. C est toujours complique. C est toujours complexant. Ca semble long. Trop long. C est bientot fini. Et presque commence. Ca laisse le temps de ne pas le prendre. C est ennuyeux, mais pas ennuyant. 

Boston, le debut.

Boston est le debut. Pasl Amerique. Mais je me demande. Je me pose la question. C est un vrai grand ecart. Entre l auberge de jeunesse et State Street. Entre... les toures defoncees, les trottoirs inexistants et le pave neuf et luisant.

samedi 18 octobre 2014

Boston College Vs Maine State.

Ca va. Parfois ca va. On commence la journee et ca part bien. Ca drague de la colombienne. Ca picole. Ca joue au mec cool. Ca vit, tranquille. Ca attend pour aller voir le foot. Ca va un peu psychoter avec la descente. Sans aucun doute.
L Amerique. Le pays ou tu veux rentrer en boite, t es en basket, il te faut les bonnes shoes, et un gars sort de nulle part pour t amener des vieux souliers vernis pour donner le change... Haaaa... L Amerique.

Et le foot. Les cheerleaders. C est pas ma faute hein, on est tombe direct dessus en se trompant de rangee. Bref. Huge, c est huge. Marching band, hymne national.... Tout est la. La musique qui motive. Le stade qui se remplit. L entree des joueurs.
Le match en lui-meme... devient presque une peripetie, le score importe peu, l ambiance semble la, les choses se passent, tranquillement. Le concours de devorage de pizza clos l ensemble.

vendredi 10 octobre 2014

Boston, mais ou ?

Je commence a me perdre dans les grands ecarts permanents de cette ville. Je ne sais pas si je suis plus proche de Harvard que de Charlestown, de Boston College que de Wellington Street. Je n en suis qu a ma 3eme journee et deja je suis saisi et prepare a chacune des iterations.
Je me laisse aussi guider par les femmes. Sans en aborder aucune. Je finis immanquablement par me faire de la peine, et je me tapote gentillement l epaule, pour me reconforter. Et je repars.
Et j arrive sur mon sport prefere, entre Commercial Street, le pont de Charlestown, et le ponton des gardes cotes.
Et je suis entre softball et boules italiennes. Comprenez-mi bien, je ne suis pas sur les lieux d un tournage erotique soft, mais entre l entrainement d une equipe de softball feminine, sans nul doute universitaire, et la partie acharnee entre deux papys italiens que j imagine bien comme ayant ete portes-flingues dans la mafia. Pour ne pas stereotyper. Ca parle en tout cas plus italien qu americain. Je parle des deux papys bien sur.

Boston College.

Tu entres dans ce qui semble etre un sanctuaire. Des bannieres partout, des maillots retires.
Au bout de la ligne verte, le Boston College. On dirait presque une secte, avec son eglise plantee au milieu du campus, comme un chateau sur sa motte feodale. Ca respire l opulence. Et je dois avouer que l entree dans la salle, que dis-je, le temple du sport erige au bas de Beacon Street m a mis la chair de poule. C est impressionant. Vraiment tres impressionant. Ce n est pas la meme Amerique qu a Wellington Station ou Sullivan Square. Ou Washington Street.

L eclaircie.

Je commence. Doucement, je commence a comprendre comment je fonctionne. Un pas apres l autre. Ca ne m aide pas a tout comprendre, mais je dechiffre, petit a petit.
J ai encore du mal a interragir. Pour dire quoi ? Parler de quoi ? Le cours des choses doit etre plus simple. Je dois laisser glisser la realite sur ma peau. N en saisir que ce qui m est intelligible. Tangible. Apprendre a ne plus avoir peur. Doucement. Calmement. Laisser la confiance s installer. Apprendre a sourire, juste pour sourire.

J aimerais juste discuter avec une. Voir si j arrive a echanger.

Le soir.

Et le soir. Toujours le meme. Aucune possibilite. Seul. Des murs. C est surement ma responsabilite. Toujours la meme transparence.
Mais merde. J essaye. Autant que je peux. Mais ca ne marche pas. Ca ne marche pas.
Trop de portables. Trop d attente. Trop d hesitations. Trop de moi. Pas assez des autres. Quel bordel !!!!

Je suis parti. Mais je ne suis jamais arrive. Je ne suis pas perdu. Je suis en transit.

La faim.

Brule. Ecorche. Mais tujours a moiti. Toujours a moitie. La faim maintient. En eveil. La faim brule. Allume. Eclaire. Elle garde sous tension. La faim anime. Oblige. secoue. Frappe.
La faim. Elle abrutit. La faim expulse. La faim. Elle creuse. Toujours plus profond. La faim. Elle paroxyse. La faim. Elle maximise. La faim. Elle aiguise. Pas seulement l appetit.

Downtown Boston.

C est comme du jazz sur Common. Le ciel disparait doucement. La journee pavee de marches asynchrones, syncopees, sans saveur. Le souhait de faire passer les heures.
Et puis le jazz sur Common. For free.
La fugue. La fuite. Toujours. Que ce soit les doigts sur le clavier. Ou la tete. Ailleurs. Ca ne marchera peut etre pas. Pas. A pas. Une note apres l autre.
C est comme une fille qui te sourit. Ou bien riait-elle en te regardant par hasard ? Le sait-elle ? Est-ce primordial ? Est-ce important.
La faim. Toujours l avoir au ventre. Toujours. Toujours. Esperer.

Harvard.

Je veux voir le Yard. Je veux voir un terrain d entrainement. Je veux voir ... le savoir-former americain.
Au final des salles de cours, des etudiants. Une cafet. Des tables et des chaises.
Massif.
Harvard est comme un grand zoo aux cages dorees. Les touristes affluent au pied de la statue du fondateur ou a proximite de la memorial church, enserrant dans les longues travees boisees des etudiants au mieux indifferents.
L enseignement est certainement rude, les notions aussi rapidement vues que considerees comme comprises, ils sont tous entre jupes et shorts, entre footings et batiments, entre pas presses et cheap-talk. Ils sont tous aussi guides, pour les vistes organisees. Ils sont amenes, de par leur naissance, leurs capacites intellectuelles, la fortune de leurs parents a de grandes choses.
Ils restent des etudiants presque comme les autres.
Tout est pourtant la pour leur rappeler qu ils sont plus que ca.
Les discours sont bien appris. Les femmes, la base de la difference. En un mot comme en cent, mieux. Beaucoup mieux. Deux mots.
Fais chier. Ca fait deux mots aussi.

Quand je les regarde parler sans les entendre, sans analyser le mouvement de leurs levres, il me semble qu ils ne sont pas mon la-bas, mais mon ici. Ils ne sont pas de Cambridge, Portland, du Missouri ou du Dakota, mais du Perrier, de Chateauneuf, de la Garnache et Commequiers. Les vetements, les postures, les mimiques sont les memes. Ils sont des ados passant a l age adulte.
Je peux en outre moi aussi etre l ailleurs de quelqu un. Le mauvais ailleurs quand un photographe me prend dans le Harvard Yard en train d ecrire, le curieux pensant sans doute surprendre un brillant cerveau en pleine elaboration d une theorie qui pourrait faire son, notre futur plus grand.
S il savait, mon dieu, s il savait.

samedi 4 octobre 2014

Atlantique Nord, samaritain.


Je me cherche... Quelle pretention, je me veux m elire president de moi-meme, alors que je n ai meme pas le droit de vote. Je ne suis qu un risible pantin demantibule.
Mais c est la fatigue.
Je veux voir Boston, boire une biere devant un match des Red Sox, et dormir, enfin. Sur la terre ferme. Enfin.
Mike, ancien journeyman golfeur, natif d Alabama, qui me dit que "America will embrace you". Ca me fait plaisir. Mon anglais est assez rouille mais on s en sort. Les 6 heures de vol risquent de passer plus vite. 
Il me fait penser a Rex, notre premier contact en Australie.
Toronto => a faire.

Reykjavik, transit.

Le choc est plus que thermal. On passe de 26 a 9 degres centigrades. On a vole 3 heures, il est 9 heures du matin. Mon corps commence a m interroger sur le pourquoi de cette torture. Meme si mes yeux epousent les courbes. Des quelques touristes americaines agreables a regarder, deja. Des cotes affleurant l aeroport de Reykjavik, aussi. Et des fjords tous proches, noyes dans la brume.
Le ciel n est pas bas, il n existe pas. Le soleil non plus. Les reliefs finissent finalement par disparaitre, avales par la poisse, fruit des convexions oceaniques.
Les quadripedes sapiens-sapiens s affalent les uns apres les autres sur un mobilier d attente style IKEA. L Islandais est spartiate. 300 est d ailleurs dans la liste des films disponibles afin de se soustraire a la monotonie du vol.
Je ne suis pas en automne. Je ne suis pas en hiver. Je suis en transit. Je suis dans un systeme digestif tentaculaire qui me recrachera tel qu il m avait avale. Quelques poils blancs en plus, peut etre.
J ai deja peur de me tromper, d avoir fait ca pour rien, parce que je sais deja, avant ca, que je n appartiens pas. A l aventure, aux autres, a tout ce qui n est pas moi.
Et puisque je ne suis rien, puisque je ne me suis pas trouve, alors...
Et puis non. C est la fatigue, c est tout, rien que ca, juste la fatigue. Qui me tient dans sa pogne. Elle me tient. Je n arrive pas a m endormir, mais mes tempes sont frappees au rythme de la lumiere crepusculaire qui penetre mes iris.