samedi 6 décembre 2014

San Francisco, les joies de l auberge.

C est une nuit comme une autre. Sauf que je ne dors pas. Nous sommes quatre dans mon dortoir. Quatre, c est beaucoup moins que dans certains endroits que j ai frequente. Mais quatre, parfois, c est suffisant pour avoir une envie de triple meurtre.
On commence par celui qui ronfle des 11 heures. Tu sais que tu vas l adorer. Il ne s arrete jamais, semble capable de faire monter le volume indefiniment, et prend sans doute un malin plaisir a effectuer l exercice a un rythme syncope qui t empeche de ne serait-ce que t habituer au son, le prendre comme un ami, une habitude.
Vient ensuite celui qui, dans l escalier deja, semblait sur la pente savoneuse de l alcoolemie deja bien engagee. Il monte juste devant toi, t empechant de le depasser, et zigzague d une rembarde a l autre. Tout va bien. Tu apprecies particulierement le moment ou tu realises que, oui, il est dans ta chambre, que, oui, il dort sous ton lit. Que oui, il rigole comme un imbecile a cause du mec qui ronfle.
Vient enfin le troisieme. Le pire. Il ne paie pas de mine, il a l air sympa. Il a son pc entre les jambes, il travaille sans doute, il ne te perturbera pas. Il repond d ailleurs poliment et avec le sourire que ca ne le derange pas que tu eteignes la lumiere quand tu lui en fais la demande.
Oui. Sauf que son pc, il ne va pas l eteindre de toute la nuit. Il va tapoter sur les touches de son clavier TOUTE LA NUIT, repandre la lumiere blafarde de son ecran contre les murs que l on prefererait sombre de la chambre TOUTE LA NUIT. Oui, avec son air poli et gentillet, il va te faire chier toute la nuit.
Alors oui je pue des pieds, oui, parfois, il m arrive, a la derobee, de lacher un petit pet malicieux, oui le matin j ai une haleine de putois quand je dis good mornin, mais j ai jamais commis un meurtre.
Jusqu a cette nuit. HAHAHAHAHA.